Pourquoi ce nom ?

Une citation  de Virgile , un jour est venue orner une photo que j'avais prise de l'horloge du  Musée d'Orsay, au cours d'une visite éclair à Paris .

FUGIT IRREPARABILE TEMPUS ! Le temps fuit irréparablement.

Les mots sont restés gravés en moi... le temps fuit , et  je ne voulais pas  consentir à sa fuite en vain sans laisser une trace  de ce qui me fait vivre , de mes rêveries , comme me l'écrit Claude  en citant Colette , de "petite âme acagnardée, une vagabonde assise" .

J'aime beaucoup cette citation et  l'image de "vagabonde assise " convient très bien à la voyageuse immobile que je suis . J'ai toujours rêvé de voyages lointains , et  quelque chose  me dit que je connaîtrai sans doute   jamais ce bonheur !

Mais qu'est -ce que j'aurai rêvé et voyagé dans les mots et  les images !!!

Alors je trace un fin sillon, je sème mes mots et mes photos  ... humblement et sans prétention .

 

NicoleA

 

 

Dédicace

.... en forme de citation :

" Aux quelques êtres qui m'aiment et que j'aime - à ceux qui éprouvent plutôt qu'à ceux qui pensent - aux rêveurs et à ceux qui font confiance aux rêves comme aux seules réalités ..."

Edgar Poe            Dédicace d'Euréka .

 

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HERMIANE

Je n'y comprends rien ; qu'est-ce que c'est que cette maison où vous me faites entrer et qui forme un édifice si singulier, que signifie la hauteur prodigieuse des murs qui l'environne ? Où me menez-vous ?

LE PRINCE

À un spectacle très curieux ; vous savez la question que nous agitâmes hier au soir. Vous souteniez contre toute ma cour que ce n'était votre sexe, mais le nôtre qui avait le premier donné l'exemple de l'inconstance et de l'infidélité en amour (...)

LE PRINCE

Voici le fait : il y a dix-huit ou dix-neuf ans que la dispute d'aujourd'hui s'éleva à la cour de mon père, s'échauffa beaucoup et dura longtemps. Mon père, naturellement assez philosophe, et qui n'était pas de votre sentiment, résolut de savoir à quoi s'en tenir, par une épreuve qui ne laissa rien à désirer. Quatre enfants au berceau, deux de votre sexe et deux du nôtre, furent portés dans la forêt où il avait fait bâtir cette maison exprès pour eux, où chacun d'eux fut logé à part, et où actuellement même il occupe un terrain dont il n'est jamais sorti, de sorte qu'ils ne se sont jamais vus. Ils ne connaissent encore que Mesrou et sa sœur qui les ont élevés, et qui ont toujours eu soin d'eux, et qui furent choisis de la couleur dont ils sont, afin que leurs élèves en fussent plus étonnés quand ils verraient d'autres hommes. On va donc pour la première fois leur laisser la liberté de sortir de leur enceinte, et de se connaître ; on leur a appris la langue que nous parlons ; on peut regarder le commerce qu'ils vont avoir ensemble comme le premier âge du monde ; les premières amours vont recommencer, nous verrons ce qui en arrivera. (Ici, on entend un bruit de trompette) Mais hâtons-nous de nous retirer, j'entends le signal qui nous en avertit, nos jeunes gens vont paraître ; voici une galerie qui règne tout le long de l'édifice, et d'où nous pourrons les voir et les écouter, de quelque côtés qu'ils sortent de chez eux. Partons. (...)





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ÉGLÉ

Sans doute ; si le plaisir de se voir s'en va quand on le prend trop souvent, est-ce ma faute à moi ?

CARISE

Vous nous avez soutenu que cela ne se pouvait pas.

ÉGLÉ

Ne me chicanez donc pas ; que savais-je ? Je l'ai soutenu par ignorance.

CARISE

Églé, ce ne peut pas être son trop d'empressement à vous voir qui lui nuit auprès de vous, il n'y a pas assez longtemps que vous le connaissez.

ÉGLÉ

Pas mal de temps ; nous avons déjà eu trois conversations ensemble, et apparemment que la longueur des entretiens est contraire.

CARISE

Vous ne dites pas son véritable tort, encore une fois.

ÉGLÉ

Oh ! Il en a encore un et même deux, il en a je ne sais combien ; premièrement, il m'a contrariée ; car mes mains sont à moi, je pense, elles m'appartiennent, et il défend qu'on les baise.

CARISE

Et qui est-ce qui a voulu les baiser ?

ÉGLÉ

Un camarade qu'il a découvert tout nouvellement, et qui s'appelle homme.

CARISE

Et qui est aimable ?

ÉGLÉ

Oh ! Charmant, plus doux qu'Azor, et qui proposait aussi de demeurer pour me tenir compagnie ; et ce fantasque d'Azor ne lui a permis ni la main ni la compagnie, l'a querellé et l'a emmené brusquement sans consulter mon désir : ah ! Ah ! Je ne suis donc pas ma maîtresse, il ne se fie pas à moi, il a donc peur qu'on ne m'aime ?

CARISE

Non, mais il craint que son camarade ne vous plût.

ÉGLÉ

Eh bien, il n'a qu'à me plaire d'avantage, car à l'égard d'être aimée, je suis bien aise de l'être, je le déclare, et au lieu d'un camarade, en eût-il cent, je voudrais qu'ils m'aimassent tous, c'est mon plaisir ; il veut que ma beauté soit pour lui tout seul, et moi je prétends qu'elle soit pour tout le monde.

CARISE

Tenez, votre dégoût pour Azor ne vient pas du tout de ce que vous me dites là, mais de ce que vous aimez mieux à présent son camarade que lui.

ÉGLÉ

Croyez-vous ? Vous pourriez bien avoir raison.

CARISE

Eh ! Dites-moi, ne rougissez-vous pas un peu de votre inconstance ?

ÉGLÉ

Il me paraît que oui, mon accident me fait honte, j'ai encore cette ignorance-là.

CARISE

Ce n'en est pas une, vous aviez tant promis de l'aimer constamment.

ÉGLÉ

Attendez, quand je l'ai promis, il n'y avait que lui, il fallait donc qu'il restât seul, le camarade n'était pas de mon compte.

CARISE

Avouez que ces raisons-là ne sont point bonnes, vous les aviez tantôt réfutées d'avance.

ÉGLÉ

Il est vrai que je ne les estime pas beaucoup ; il y en a pourtant une excellente, c'est que le camarade vaut mieux qu'Azor.

CARISE

Vous vous méprenez encore là-dessus, ce n'est pas qu'il vaille mieux, c'est qu'il a l'avantage d'être nouveau venu.

ÉGLÉ

Mais cet avantage-là est considérable, n'est-ce rien que d'être nouveau venu ? N'est-ce rien que d'être un autre ? Cela est fort joli au moins, ce sont des perfections qu'Azor n'a pas.

CARISE

Ajoutez que ce nouveau venu vous aimera.

ÉGLÉ

Justement, il m'aimera, je l'espère, il a encore cette qualité-là.

CARISE

Au lieu qu'Azor n'en est pas à vous aimer.

ÉGLÉ

Eh non, car il m'aime déjà.

CARISE

Quels étranges motifs de changement ! Je gagerais bien que vous n'en êtes pas contente.

ÉGLÉ

Je ne suis contente de rien, d'un côté le changement me fait peine, de l'autre il me fait plaisir ; je ne puis pas plus empêcher l'un que l'autre ; ils sont tous deux de conséquence ; auquel des deux suis-je le plus obligée ? Faut-il me faire de la peine ? Faut-il me faire du plaisir ? Je vous défie de le dire.

CARISE

Consultez votre bon cœur, vous sentirez qu'il condamne votre inconstance.

ÉGLE
Vous n'écoutez donc pas ; mon bon cœur le condamne, mon bon cœur l'approuve, il dit oui, il dit non, il est de deux avis, il n'y a donc qu'à choisir le plus commode.

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