Morsure des mots
Sur la page blanche,
Griffée elle frémit
Sous la plume qui danse,
Rompu le silence
S’évapore doucement,
La solitude s’écrie
En maux déchirés.
Vaincue la nuit s’évapore
Bâillonné le silence
Résonne comme un cri,
Murmuré l’appel
S’oublie aux sillons enfouis,
La solitude se chante
En silences évanouis. .
J’aimais le clair silence
Des mots retenus,
Envolées les pages blanches
Et les secrets perdus,
Résonnent les pas feutrés
Des mots oubliés,
Les maux vainqueurs
Déchirent le non-sens .
Arles le 4/08/2005
J'ai découvert la sculpture de Rodin , en lisant le très beau livre d'Anne Delbée : " Une femme" consacré, en 1983, à Camille Claudel .
Peu après la lecture de ce livre magnifique rendant justice à Camille et nous incitant à découvrir son oeuvre puissante et passionnée, j'ai visité le Musée Rodin, et découvert un autre Rodin , dont hélas on ne connaît bien souvent que le trop célèbre Penseur .J 'ai ainsi appris que Rilke avait été son secrétaire .
Mais mon émotion la plus grande fut de découvrir d'autres oeuvres de Rodin, d'une finesse étonnante , et la manière dont il sait faire jaillir la vie d'un bloc de marbre . l'une de ces oeuvres est la Danaïde.
Rainer - Maria Rilke a évoqué la Danaïde en ces quelques mots , qui décrivent " l'impression merveilleuse" que l'on éprouve à en faire le tour, " le long, le très long chemin autour de la courbe de ce dos, richement déployée vers le visage qui se perd dans la pierre comme un grand sanglot, vers la main qui, pareille à une dernière fleur, parle encore une fois doucement de la vie, au coeur de la glace éternelle du bloc."

La chevelure ondoyante
Se perd aux veines marbrées.
La pierre sensuelle
Accouche de sa chair frémissante,
Le sang blême palpite
Aux courbes pétrifiées,
La Danaïde sommeille,
Libérée de l’arme mortifère,
Eternelle vaincue
D’un destin inique .
NicoleA ( 21 août 2005)
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